« Tu sais qu’il y a des enfants qui n’ont pas à manger ?  » Aussitôt après avoir prononcé cette phrase à ma fille, je me suis revu 30 ans (bon ok, 35) en arrière devant mes parents avec mon sous-pull qui gratte des années 80. 

Ça y est…Il ne m’aura pas fallu longtemps pour prononcer une de ses sempiternelles phrases que je m’étais juré de ne jamais dire. Dès la première occasion, cette résolution a volé en éclats.

Et depuis, je n’ai pas fait dans la demie-mesure : « Je n’ai pas entendu le mot magique« , « Et si ton copain te disait de sauter d’un pont, tu le ferais aussi ?« .

Ok, si ces phrases traversent aussi bien les générations c’est qu’elles ont une certaine efficacité, mais qu’est-ce que je peux détester les prononcer ! Le pire c’est que cela en est presque un automatisme, ça sort sans y réfléchir…c’est horrible. 

Les phrases inter-générationnelles, il y en a plein:

Plus ou moins efficaces :  » A 3, je me fâche« . Souvent à partir de 2 on bloque ou on commence à compter en décimales.

Les saisonnières : « Le père noël, il te regarde« . Étonnamment, cette phrase fonctionne très bien au mois de juillet avec mon fils.  

Les opportunistes : « Range ta chambre, il y a du monde ce soir!!« . Ben oui, quoi, au cas où on ferait visiter la maison et qu’on prendrait l’apéro dans ta chambre, on ne sait jamais. 

Les contradictoires: « Je m’en fous des autres, c’est toi qui m’intéresse » VS  « Et les autres ils font quoi ? « . Ce n’est pas encore mon cas, mais celles-ci sont souvent utilisées quand on parle des notes.

Le ping-pong : « je sais pas…demande à ta mère » pour entendre ma femme dire « il a dit quoi papa ?  »

etc, etc…

La pire que j’ai eu à prononcer depuis peu c’est « Quand j’étais jeune« . Elle fait mal celle-là, elle pique et elle laisse un goût amer persistant. Mais, quand tu évoques des souvenirs avec ta fille de 9 ans, tu peux dire quoi d’autre ? « Quand j’étais petit » ? « Quand j’avais ton âge » ? …C’est pas vraiment mieux.

Et encore,  ce n’est qu’une étape avant de lâcher le moment venu un bon vieux : « Si j’avais fait ça à ton âge » ou « j’ai été jeune avant toi !« … Amenez-moi une fenêtre que je m’y jette.

Néanmoins, le privilège de l’âge c’est également pouvoir dire la tête haute et bien droit dans ses bottes : « Moi, j’ai le droit parce que je suis grand« , et BIM ! Dixit le père qui joue sur son téléphone portable juste après avoir ordonné à ses enfants d’arrêter de jouer à la tablette. Dans le même style, on pourra également évoquer le « C’est des trucs de grands« .

Au delà de ces phrases universelles, il y a ce que j’appelle les phrases improbables de parents. Ce genre de phrases que l’on aurait jamais pensé dire un jour et qui pourtant font surface.

« Enlève la main de ton pantalon« , « Tu veux bien mettre un slip ?« , « Le zizi de ton frère c’est pas un jouet« , « Arrête de faire le chien« , « descends de ton frère« …

J’imagine qu’elles sont très personnelles à chaque famille mais il doit quand même bien y avoir une base commune, hein ? Dites? Rassurez-moi…

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