Depuis que nous avons des enfants, nous sommes passés des « soirées improvisées entre amis » aux « soirées (voire fin d’après-midi) planifiées entre amis ET leurs enfants ». Heureusement, il reste quand même quelques soirées sans enfants.
Effectivement, et quoi de plus normal, les rendez-vous entre amis ne se font plus que rarement à l’improviste. De plus en plus rares sont aussi les soirées sans enfants (où tu le paies cash le lendemain).

Le plus souvent nous allons donc maintenant chez des amis qui ont des enfants, avec d’autres amis qui, eux aussi, ont des enfants et nous venons nous même avec nos enfants.

Donc mettons 5 couples, soit 10 adultes pour également environ 10 enfants, si ce n’est plus. Ajoutons un bébé de 7 mois pour compléter le tableau.

Dans ce genre de soirée, je n’ai trop rien à dire sur les 10 adultes qui se tiennent globalement bien, ou au moins jusqu’au 3eme mojito.
Par contre, 10 enfants qui se retrouvent livrés à eux même, c’est autre chose.

C’est simple, au début de la soirée, tout le monde est dans le salon et c’est juste impossible d’entamer une conversation. Impossible d’échanger un dialogue sans la moindre interruption, sans que l’attention ne se tourne vers les enfants qui sont entrain de joyeusement et sûrement foutre le bordel.
Au bout de x « qu’est-ce que tu dis ? », « comment ? » ou « hein ? » (pour les chtis), tu finis par dire « bon, les enfants, allez jouer en haut, on ne s’entend pas ici ». Mais que viens-tu de faire là ???

Ben, tu as juste déplacé le bordel d’un étage et, au passage, tu as augmenté le volume sonore de 20 décibels.

S’en suit un balai incessant de montées et descentes et c’est généralement les enfants qui commencent.
Il y en a toujours un ou deux pour descendre en pleurnichant. « Jean-Kévin y taaaape ! », « Marie-Framboise elle veut pô joueeeer », « Bernard-Damien il a dit que j’étais un gros boudiiiiin ».

Une variante, c’est quand tu as un nombre à peu près équitable de filles et de garçons. A un moment donné, toutes les filles descendent en même temps et s’exclament en chœur : « les garçons y nous embêêêêêêtent ». Ou alors, personne ne descend mais tu entends un gros BOUM. Soit un objet qui est tombé (et qui est cassé) soit un enfant qui s’est cogné (et qui hurle).

Côté parents, c’est bien simple, au final tu n’es jamais 10 à table. Tu es sans cesse en train de monter à tour de rôle selon les plaintes ou les agissements de tes enfants.

Bien souvent, Il existe une forme d’hypocrisie dans ce genre de soirée. Tu fais la police avec tes propres enfants et tu te gardes bien d’intervenir auprès des enfants des autres, même si ils mériteraient bien un coup de semonce. Il t’arrive même d’accabler ton enfant peu importe si celui-ci est fautif ou pas.

Mais, avouons-le, n’as-tu jamais pensé très fort: « Putain, mais ils ne peuvent pas le tenir aussi leur Jean-Kevin !!! » ? ou « ah ouais mais Marie-Framboise, elle sait faire que bouder de toute façon » ou « bon, les parents, vous allez l’éduquer votre Bernard-Damien ? Car, même si il n’a pas tout à fait tort, ça ne se dit pas…Non ? Vous ne bougez pas là ??? ».

Entre parents, on ne dit pas ce qu’on pense tout bas au sujet de nos enfants respectifs. Je n’ose même pas imaginer le résultat de la soirée si on se mettait à être francs entre nous :
-« Dites, vous travaillez avec Jean-Kévin sur ses problèmes de violences ? »
-« Quels problèmes ?? Il va très bien !»
-« Ben il a un peu éclaté le nez de Lise-Lucette quand même»
-« Ben elle l’a peut-être un peu cherché ta Lise-Lucette avec ses vulgarités »
Etc, etc…

Donc la solution c’est de se dire qu’à la prochaine soirée, cela se fera sans enfants.
Donc faire garder 10 gosses pour pouvoir boire et manger tranquilles.
Donc mettre en place un système de double planification incluant la disponibilité des grands-parents et la nôtre. Ou alors trouver la baby-sitter qui soit un mix de super nanny et de Pascal le grand frère et, si possible, pas trop chère.

Conclusion : tu ne vois plus tes amis que par petits groupes et tu passes plus de samedis soirs que prévu à te taper Fort-Boyard avec les enfants.