Il existe des bonheurs simples quand tu es parent et, bizarrement, les meilleurs sont ceux où les enfants ne sont pas là. Bon, j’exagère un peu mais quand même.

Se faire une sortie entre amis et laisser la logistique des enfants à la grand-mère pour la soirée ET la matinée du lendemain, fait partie de ces rares moments.

Se dire qu’on va pouvoir s’amuser tranquillement et surtout dormir le lendemain matin sans interruption, ça devient carrément un luxe. C’est ça qui est bon : en profiter sans avoir la pression du lever en pleine nuit ou à l’aube, dans le meilleur des cas. Cela permet également de ne pas revivre certaines expériences d’un lendemain de fête sans enfant

C’est ce que nous avons fait un vendredi de décembre. Soirée entre amis, enfants chez mamie et lever quand on veut le lendemain matin. J’en avais presque les larmes aux yeux.

Vendredi soir donc, sur le point d’aller larguer les enfants chez leur grand-mère, ma femme m’a fait remarquer qu’il faudrait mettre dans le sac les affaires de foot de mon fils. Il avait entraînement le lendemain matin à 10h30.

Vous allez me dire : 10h30, ça va ! Mais quand même…ça sonnait faux dans ma vision qu’était un lendemain de bringue sans contrainte.

Et 10h30, ça veut dire levé à 09h30 au plus tard. La « grasse matinée » (appelons ça comme cela) commence à ressembler à peau de chagrin. 

J’ai tenté une explication politiquement correcte : « Tu sais, demain il va pleuvoir, il fait froid…Et puis on pourrait en profiter pour prendre un peu le temps, non ? »

Le politiquement correct, ça fonctionne pas. On a pris ses affaires de foot.

Rentrés à 3h du mat, je me couche avec cette idée d’entraînement dans un coin de ma tête. Ceci dit, j’étais plutôt serein car il avait plu des cordes toute la semaine et ce n’était pas prêt de se calmer ce we. Bref, j’avais tout misé sur la météo.

Dans ces cas-là, quand tu es au fond de ton lit au petit matin, c’est dingue comme une goutte de pluie sur un velux peut ressembler dans ton esprit à un ouragan à venir, mettant un point final à cette sombre histoire de foot.

Tu entends une goutte et tu espères le déluge. Comme ça tu peux te lever quand tu veux, et avec la conscience tranquille en plus. C’était peut-être même qu’un pipi de pigeon, mais j’y ai cru.

J’y ai cru jusqu’à ce que je regarde le réveil : 5h26. Classique, c’est quand tu peux dormir que tu dors pas. Résultat d’un rythme imposé depuis maintenant 10 mois.

Finalement, demi-sommeil jusque 8h et lever sous un soleil radieux. A peine croyable.

On finit par prévenir mamie que nous allons venir chercher mon fils pour l’emmener au foot (dans la joie et la bonne humeur) et qu’il faut qu’elle l’habille en conséquence. De là, elle nous répond « ben il ne veut pas s’habiller, il ne veut pas y aller ».

Le paradoxe complet : il ne veut pas y aller, tu ne veux pas l’emmener mais on y va quand même. Chouette.

Je vais le chercher, le traîne jusqu’à la voiture, me gare sur le parking du stade de foot, on descend… et il se met à pleuvoir des trombes d’eau …Bref, le genre de journée où finalement tu aurais dû rester au lit. 

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